Le prophète Isaïe parle d’un rameau qui va sortir de la souche de Jessé. On ne sait pas grand chose de Jessé lui-même : on sait seulement qu’il a vécu vers l’an 1000 avant Jésus-Christ et qu’il habitait Béthléem, un petit village sans importance de l’époque.
Une autre chose qu’on sait : Jessé avait huit fils. Et parmi les huit, Dieu a envoyé son prophète Samuel choisir un roi. Vous connaissez peut-être l’histoire. Curieusement, sur les conseils de Dieu, Samuel n’a choisi ni le plus âgé, ni le plus grand, ni le plus fort, mais le plus jeune, celui qui était berger, dans les champs, avec les bêtes. Et c’est ce petit David qui est devenu le plus grand roi d’Israël. Et c’est ce qui a rendu Jessé célèbre : il est le père du roi David, il est l’ancêtre d’une longue lignée. Cette lignée, on la représente souvent comme un arbre : un arbre promis à un grand avenir, si on en croyait le prophète. A vrai dire, les fruits de cet arbre ont été plutôt décevants. Les rois qui se sont succédés ont rarement été des rois selon le cœur de Dieu.
Et Isaïe dit à ses contemporains : pour l’instant vous avez l’impression que toutes les belles promesses de Dieu sont envolées et que l’arbre généalogique de David ne produit rien de bon ! Mais, même d’un arbre mort, d’une souche, vous savez bien, on peut voir resurgir un rejeton inattendu. Soyez en sûrs, tôt ou tard, le Messie viendra.
Homélie dite en décembre 2004 par Louis Duret

Retable de l’Arbre de Jessé
1718
Filipa da Silva et Antonio Gomes
Eglise Sao Francisco - Porto
Le vent d’Est s’arrête à la fenêtre :
Il se souvient du premier jour
Commencement de la première lumière
Source où le regard découvre toute beauté.
Seul, attiré vers le haut - déjà -,
Le végétal va droit au ciel :
Il sait que Dieu le voit
Et murmure en lui-même qu’il est bon.
Le vent d’Est exhale sa buée
Il descend du firmament et témoigne de l’eau
Il annonce déjà toutes les naissances
Mais parle-t-il de la mort ?
Seul, attiré vers le haut - déjà-,
Le végétal va droit vers le ciel
Il sait, il boit dans la clarté
La sève de tous les renouveaux.
Le vent d’Est nous tient toujours :
Ronde est la terre, sinueuse la nature
Vide est l’atmosphère
Et si riche la création !
Seul, attiré vers le haut - déjà-,
Le végétal va droit vers le ciel
Il sait, ils pressent la promesse
Du souffle qui n’en finit pas de l’attirer.
Le vent du Sud est né le quatrième jour. Après. Ailleurs.
C’est le vent du soleil et de la splendeur.
Il éclaire les chemins de l’univers
Comme pour attendre quelqu’un…Mais qui ?
Seul, attiré vers le haut - déjà-,
Le végétal va droit vers le ciel
Il sait - sa connaissance est à l’infin i-
Et vibre déjà de toutes les révélations.
Ici, il nous faut entendre le souffle du cinquième jour
Le rythme de la respiration de nos frères les vivants
Ici, il nous faut entendre le souffle du sixième jour
Les rires, les chansons, les sanglots des hommes.
Seul, attiré vers le haut - déjà-,
Le végétal va droit vers le ciel
Il est désir pressé vers l’infini
Et se fait corolle pour recevoir la grâce.
Le vent d’Ouest est annoncé pour le soir
Le repos du Créateur irise la Gloire de l’homme
Certains disent que Dieu s’est absenté
Mais ils ne voient pas que la braise brûle ici nuit et jour.
Seul, attiré vers le haut - déjà-,
Le végétal va droit vers le ciel
Il est plus grand que l’urgence et le combat
Et il est là, signe de victoire…
Dans l’ombre, la table est une énigme :
D’où vient son étrange clarté ?
D’où vient que l’on entend, dans le silence vert,
Le râle des victimes battre en son propre coeur ?
Pourquoi le célébrant, les mains en coupe,
La poitrine lacérée par les lances aiguisées,
Laisse s’effeuiller le noir calice en répétant :
“Ceci est mon sang, versé pour le salut du monde” ?
L’arbre promet la Vie.
Monseigneur Dubost.
Evêque d’Evry Corbeil-Essonnes
**********
la tyrannie consiste au désir de domination
universel et hors de son ordre.
Diverses chambres de forts, de beaux, de bons esprits,
de pieux dont chacun règne chez soi, non ailleurs. Et
quelquefois ils se rencontrent et le fort et le beau
se battent sottement à qui sera le maître l’ un de
l’ autre, car leur maîtrise est de divers genre. Ils
ne s’ entendent pas. Et leur faute est de vouloir
régner partout. Rien ne le peut, non pas même la
force : elle ne fait rien au royaume des savants, elle
n’ est maîtresse que des actions extérieures. Ainsi
ces discours sont faux…