Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. — Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n’est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : «Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.»
Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n’es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. » Tout cela s’est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean, 1, 6-8.19-28
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Panique au Vatican : les derniers sondages semblent indiquer que les baptêmes sont en chute libre en France. Benoît XVI commande une enquête sur les motivations des parents modernes. Résultat, il semble qu’il y ait deux grandes catégories de parents modernes :
Premiers parents modernes : ils laissent leur enfant libre, libre de choisir ! Libre de choisir sa religion je m’entends ! C’est d’ailleurs la seule chose où leur enfant peut faire preuve de liberté parce que pour le reste ce couple de fascistes patentés lui impose a peu près tout : se lever à 7h du matin, se coucher à 9, manger de la cervelle et des carottes pour être intelligent comme Einstein et beau comme Brad Pitt (pourvu que ce ne soit pas le contraire), apprendre le français alors que lui ne rêvait que du tagalog et du finnois, faire du trombone à coulisse et le samedi jouer au rugby ; mais c’est pour son bien qu’on lui impose tout ça. « Et pour la religion ? » interroge perfidement le curé de service « Vous avez fait votre choix ? », « Pour la religion c’est différent ! Pour la religion on le laisse choisir, on ne lui impose rien, on lui présente un peu tout : le bouddhisme, l’islam, le tantrisme, le judaïsme, le chamanisme, les sectes de tout poils (ouverture d’esprit oblige !), on présente tout et il verra bien plus tard, quand il sera en âge de comprendre, de croire de manière mûre. » Tu parles oui, on ne présente rien du tout et du coup notre enfant à qui on n’a pas donné la nourriture spirituelle qui lui convient (en tout cas celle que désire les parents) se nourrira de toute les saleté que lui donne le monde, c’est comme pour le reste si vous ne lui donnez pas de bonnes choses il se gavera de coca, de sucreries, et de kebabs et il finira gras comme un loukoum et vif comme une huitre ! Si vous ne lui donnez pas Jésus Christ au baptême, il se nourrira de tout les ersatz spirituels qui traîne dans les médias ou sur le net : occultisme fumeux, démonologie dangereuse, satanisme mortifère, new-age foireux, syncrétisme oriental !
Deuxième catégorie de parents modernes : contrairement aux premiers, ils demandent le baptême pour leur enfant c’est mieux, mais au fond ils savent qu’il remettra les pieds à l’église au mieux pour sa première et dernière communion, au pire pour son mariage et son enterrement. Je leur pose quand même la question rituelle : « Pourquoi est ce que vous demandez le baptême pour votre enfant? » Le mari regarde la femme, le femme le mari, et ils bafouillent quelque chose : « on le baptise pour qu’il ait des valeurs, pour qu’il soit tolérant, gentil, qu’il ait du respect, qu’il fasse le tri sélectif, qu’il soit un bon électeur, qu’il mette pas ses doigts dans le nez, ni dans la prise et qu’il aide les grand-mères à traverser la route… on a bon M. le curé ? »
Non. Non c’est pas bon du tout.
Mais alors c’est pas un catholique que vous voulez en faire, c’est pas un disciple de Jésus-Christ, c’est juste un bon citoyen ! (c’est pas un mal, mais c’est un peu maigre)
Mais c’est pas au baptême qu’il faut le présenter, c’est pas de Jésus-Christ qu’il faut vous approcher, si vous voulez lui faire la morale, c’est à un juge pour enfant ou à un éducateur qu’il faut l’amener, désolé vous vous êtes trompés de porte, le baptême c’est pas ça du tout !
Mais alors c’est quoi le baptême ?
Vu de l’extérieur c’est juste une trempette, va y que je te frotte le front avec un peu d’huile, je t’enfile un vêtement blanc et je te refile un cierge allumé dont le parrain ne sait pas trop quoi faire et après c’est surtout un bon gueuleton ! Oui, vu de l’extérieur !
Mais Jésus travaille à l’intérieur, tout son taff c’est dedans que ça se passe, son domaine c’est la vie intérieure, et il travaille discretos, du coup pour savoir ce qui se passe au baptême, pour savoir ce qui vous est arrivé au jour de votre baptême, il faut l’interroger lui, il faut ouvrir sa parole, il faut l’écouter.
Et que nous dit Saint Matthieu dans son Evangile ? « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. »
Que nous disent les Actes des Apôtres ? « Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force.»
Et le prophète Isaïe ? « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon Esprit »
Voilà les cadeaux que Dieu nous fait au baptême : la joie, la force, l’amour, pas n’importe lesquels mais ceux qui viennent de lui, ceux qui ne passent pas, une joie profonde, une force inébranlable, un amour sur lequel on peut compter. Qui refuserait ces dons ? Quel fou oserait priver son enfant de ces cadeaux ? Dieu ne nous impose rien au baptême, il vient demeurer en nous, il vient habiter notre cœur, quand je dis cela c’est bien qu’il veut faire de notre cœur sa demeure et la décorer selon son goût, la décorer avec ces dons que je viens d’évoquer. Libre à chacun de les refuser, d’en priver son enfant, en le privant du baptême, mais c’est une chance qu’on lui enlève, la chance qu’il grandisse avec ces vertus, qu’il soit obligé de se débrouiller seul :
dans un monde triste sans la joie qui vient de Dieu,
dans un monde agité sans la paix qui vient de Dieu,
dans un monde violent sans la force qui vient de Dieu,
dans un monde égoïste sans l’amour qui vient de Dieu.
Quels parents refuseraient cela à son enfant ? Dieu n’a qu’un désir c’est de venir habiter en nous, c’est nous offrir ses dons, cependant il ne s’imposera jamais de force, il est trop respectueux de notre liberté.
Mieux même il croit en nous, ces cadeaux qu’il nous fait, il nous les confie, à nous de les faire grandir, au baptême tout n’est pas joué, cette joie, cette paix, cette force, cet amour plantés en nos cœurs au jour de notre baptême demande à grandir, à s’épanouir, à prendre toute la place en nous, à nous de jouer.
Mais alors si nous les cultivons patiemment, si nous les nourrissons par la prière, par les sacrements, (en particulier la communion et la confession) alors Dieu va faire des miracles dans nos vies et par nous il fera des miracles dans le monde, comme dit Saint François, la où il y a la haine que je mette l’amour, là où il y a la tristesse que je mette la joie, là ou il y a la guerre que je mette la paix, là ou il y a la faiblesse que je mette la force.
Le baptême c’est pas de la morale, c’est la vie, la vraie vie, la vie de Dieu qui coule dans nos veines, la vie en plénitude!
Alors oui, approcher un enfant de Jésus-Christ c’est prendre un risque :
celui d’en faire un homme libre, libéré de tout les mensonges du monde.
Approcher un enfant de Jésus-Christ c’est prendre un risque :
le risque qu’il prenne l’Evangile au sérieux,
le risque qu’il façonne sa vie non pas sur ces valeurs du monde (ces valeurs tièdes qui coupées de leur source n’ont plus aucun sens) mais sur une personne, Jésus-Christ.
S’approcher de Jésus-Christ, le fréquenter d’un peu prés, c’est prendre un risque :
le risque de la contagion, le risque d’attraper la charité.
On ose ! Chiche !
Homélie dite en l’église de Saint Pierre des Chartreux de Toulouse